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Revue lecture #1 : Réparer les vivants - Maylis de Kerangal


Il y a quelques temps, un titre a attiré mon regard sur les étagères de ma librairie. "Réparer les vivants"... titre intriguant et fort, image d'un plongeon dans l'océan, j'ai suivi mon intuition et je l'ai acheté. 

Je m'aperçois que cela fait trop longtemps que je ne me suis pas plongée dans un roman, je ne le fais pas assez, puissé-je le faire chaque jour car renouer avec la lecture fictionnelle via le livre de Maylis de Kerangal a été un bonheur intense, un parcours beau et cru, dense. Histoire d'une mort et de toutes les vies que cette dernière fragmente autour d'elle, celle des proches, celle des hospitaliers et celles des inconnus qui se croisent. 

Je tenais beaucoup à vous en proposer une critique, en espérant que vous vous laissiez également tenter par le récit de cette aventure humaine. Une aventure belle et d'une intensité hors norme.

Les lumières du matin


Les lumières sur Notre-Dame, l'or qui fond comme du miel sur le vert sensible des arbres et sur les pierres blanches. Qui coule jusque dans la seine. La fraîcheur de ce petit matin de novembre où dans le calme de la rue, j'ai pris de grandes inspirations. Où nous avons pris de grandes inspirations, un couple d'amoureux emmitouflés dans leur bonnet de laine blanc, un vieux monsieur au pas lent et un peu bancal et moi, réunis devant le soleil, silencieux comme des enfants émerveillés. Tranquilles. Le fleuve qui s'écoule, la buée chaude s'échappant de nos bouches, légère comme du sucre glace. Et cette lumière... cette douceur dans les couleurs du ciel. Fraîcheur paisible et revigorante comme une eau de source jaillissante.  Bonheur simple et doux, soupçon de magie qui gonfle les poumons... oh merci.

C'est comme mon coeur qui s'éclaircit et mon esprit qui s'allège. C'est tout mon corps qui s'allonge et se détend dans la lumière. C'est un baume. 

Dés de butternut rôti aux épices : l'apéro d'automne

Ce weekend, mon regard est tombé chez mon hôte sur la magnifique face bombée et flamboyante d'un petit potimarron. Il avait été mangé au trois-quart et clairement, j'ai compris qu'il ne serait certainement pas consommé jusqu'au bout. C'était le début de soirée, l'humeur était joyeuse et doucement festive, j'ai été inspirée. Je l'ai cuisiné en petits dés rôtis aux épices, à piquer au cure-dent pour l'apéritif. Honnêtement, un régal. 


Les Ailleurs


J’ai ces envies de vent bleu et de voiles gonflées d’iode. D’embruns contre le visage et partout sur la peau, pour déposer le sel qui pique et parfume. J’ai envie de train entre de vertes collines aux rondeurs tachetées d’automne. Du mystère de la tourbe, chaude entre les violets et les ors de la bruyère irlandaise. J’ai envie des senteurs du monde, des ocres épicés et brûlants du Liban et de la Turquie au sucré caramélisé et mystique de la sauce qui mijote doucement à l’étale d’un marché de Hanoï. De villes qui grouillent, où les humains bouillent et furètent donnant l’impression de créer côte à côte, de visages aux contours fugaces comme ceux d’un rêve valsant dans les rues de Tokyo. De l’immensité faite mer, tantôt claire, tantôt insondable et profonde. De ses bleus sans fin dans lesquels s’infuse le ciel. 

A l'aube des choix, cultiver sa confiance



En janvier dernier, j'ai pris la décision difficile d'arrêter mon master recherche. Cette décision peu évidente était une première dans mon parcours. Pour la première fois, je décidais d'arrêter l'activité principale qui me définissait, je décidais de sortir des clous, je me dissociais de la pression que je m'infligeais pour correspondre à l'image d'un parcours réussi idéal. Je pense que la décision d'arrêter son activité principale, quelqu'elle soit, est toujours un défi vis à vis de nous-même. Car une situation connue et claire est souvent sécurisante même quand elle nous convient mal . Les semaines et mois qui ont suivi ce choix ont été riches en émotions contradictoires car je faisais face à beaucoup de doutes et à une difficulté plombante : avoir confiance en mes choix et en mon intuition. 

Aujourd'hui, plusieurs mois après, je voulais partager avec vous mon ressenti, les difficultés que j'ai pu traverser et surtout une partie des enseignements que j'ai retiré et retire encore de ce tournant dans mon chemin de vie. 

Les découvertes inspirantes #1 : Deux pépites pour cheminer et s'épanouir



Aujourd'hui, je voulais partager avec vous deux découvertes qui participent à mon éveil et à mon cheminement vers une vie dont je profite mieux de chaque instant. 

Depuis deux ans, je lis à une fréquence un peu plus accrue des ouvrages de réflexions et de cheminement, d'aucun appellerait ça de "développement personnel" mais je n'aime pas l'appellation qui évoque pour moi un mouvement un peu exclusif, de soi pour soi avant les autres. Je préfère la notion d'épanouissement de soi pour soi et  pour les autres.

Souvent très intéressants, je me suis cependant aperçue qu'il valait mieux en lire moins mais prendre le temps de faire pénétrer les enseignements. De peut-être préférer relire un ouvrage aux multiples messages qu'acheter à nouveau. 

Aujourd'hui j'ai donc choisi de vous présenter deux découvertes, l'une très récente, l'autre remontant à quelques mois, qui  m'ont profondément marquée et qui m'aident et me guident un peu chaque jour. Qui diffusent leur bienfaits et leurs enseignements de qualité sur la durée malgré des formats très différents. 

Gourmandise et simplicité pour apprendre à se lancer | Bowl de légumes coriandre et gingembre et poulet teriyaki


Le soir, il est parfois difficile de cueillir sa motivation à cuisiner, le fruit juteux s'est quelque peu asséché et à Paris, la solution de facilité que représentent les nourritures à emporter brille soudainement très fort... La solution pour rebooster son courage : gourmandise et simplicité. 

Pour cela, je crois qu'il faut visualiser ce qui nous fait envie, ce soir-là pour moi c'était l'idée d'un plat sucré-salé, une envie d'ailleurs, une envie japonisante... puis faire confiance à sa créativité pour assembler simplement nos savoir-faire et ces envies. Si un goût ou une sensation de bouche nous appellent en particulier, partir du principe que nous allons les respecter peut être un excellent moteur. Viser le simple mais le réconfortant

Et oser, oser essayer, simplement sur une idée, même si cela semble être du jamais vu ailleurs, oser. Se lancer, comme ça, même sur des petits riens, je découvre à chaque fois que c'est laisser s'exprimer sa créativité et gagner en légèreté. Apprendre à faire sans avoir peur du résultat. Ici, l'exercice est modeste, mon assiette d'un soir, mais c'est autant de petits pas pour déloger toujours un peu plus cette angoisse du résultat qui mène à une peur de l'échec totalement immobilisante. Alors osons !

(La photo n'est pas incroyable, j'en suis navrée, les conditions n'étaient pas vraiment réunies ce soir-là, mais je voulais partager la recette cette semaine sans attendre ;) )


Lettre de douceur à une angoissée | Petit déjeuner express : graines et banana bread complet

A ton corps, serré, pressé contre lui-même. A tes poumons, qui semblent secs, à ta respiration qui tressaute et court comme une folle. A ton esprit, qui semble obstrué, bloqué dans le noir à tourner sur lui même sans fin. Qui te fait croire que ça ne va jamais finir, qui colore de noir tes moindres pensées, et te fait te dire que tu es si seule. Et à ton cœur, ton cœur compressé contre ta poitrine, qui pulse durement, comme un petite pierre pointue, contre ta cage thoracique.

Tu n'es pas seule. Et tu n'es pas nulle. Tu n'es pas bizarre ni mal fichue. Tu n'es pas cette horloge mal montée, aux engrenages qui déraillent et dont tu as honte. Tu n'es pas cet esprit étroit et sombre, ce corps rabougri où tes muscles semblent s'asphyxier. Tu n'es pas seule. Les gens qui t'aiment  peuvent entendre, tu peux leur dire, je t'assure que tu peux leur raconter, ces moments froids où l'angoisse se propage entre tes organes pour exploser dans ta tête et partout sous ta peau, entre les fibres rouges de tes muscles. Tu n'es pas moche, ta peau est toujours douce, ton cœur est toujours aussi grand, tu es la même belle personne qu'il y a quelques heures, quelques jours, quelques mois, riant et détendue dans la sérénité d'un moment de joie partagée ou devant un paysage doré d'automne. Tu es toujours cette jolie présence. Le ciel s'est obscurci mais je te promets que ce ne sont que des nuages, peu importe qu'il bruine ou que la tempête gronde, ton ciel bleu est derrière. 


Carnet de bord de l'intestin heureux | Gratin d'automne : Butternut, carotte, champignons, panchetta, et lait d'avoine {SG, Sans oeuf, sans lait}


Aujourd'hui, depuis que j'ai à nouveau décidé de manger en me faisant du bien, en prenant soin de mon corps, il s'est passé cinq jours. C'est à nouveau, un nouveau départ. Cette volonté de prendre soin de mon corps et de le respecter en le nourrissant de façon saine est une vieille volonté. Une volonté un peu racornie, jaunie et froissée telle une photo dénichée au fond d'une malle. C'est une volonté qui s'est un peu aigrie d'avoir si souvent été invoquée pour finalement, ne jamais être respectée.

Je suis pourtant intimement convaincue que ce que nous mangeons a un réel impact sur nos vies, sur notre capacité à nous y sentir bien. Lorsque j'ai commencé, il y a quelques années, à avoir des problèmes de digestion douloureuse, de maux de ventre incessants ; lorsque j'ai réalisé que ces problèmes s'intensifiaient avec le temps, j'ai décidé de mener l'enquête. Auprès du corps médical, auprès de mon environnement et par moi-même, en épluchant livres et informations diverses. A ce titre, "Le charme discret de l'intestin" de Giulia Enders a été une véritable pierre d'angle dans l'appréhension personnelle de ce sujet complexe. Je ne pouvais plus nier que l'alimentation avait un rôle prépondérant non seulement sur mon état de santé mais aussi sur mon équilibre psychique et que celle qui possédait les clefs de cette arme : c'était moi.


Les mots pour trouver le chemin : aspiration pour ma vie



J'ai ces envies au creux du corps qui enveloppent mon ventre, mes poumons, ma peau de chaleur. L'envie de m'élever et en même temps de sentir mes pieds nus contre la terre. L'envie de faire partie de ce monde. A ma façon, en découvrant et explorant des chemins qui chantent à mon être. Peu importe la peur de se sentir à côté, de côté. 

A cet instant, le corps étendu sur un banc à l'ombre d'un châtaigner, je suis reconnaissante et heureuse de ce soleil. De ces odeurs de fleurs. Du ciel bleu sous le vert tendre des feuilles et entre le venelles de celles qui se dorent avec l'automne. Pour les enfants et les chiens qui gambadent. Pour la paix et la joie et la vie. Pour l'ombre douce et le soleil qui réchauffe. 

Je ne sais toujours pas ce que je vais faire de tout ça, de cette sensibilité qui murmure au vent, au creux des oreilles et du cœur, de ces émotions et impressions fugaces sous la peau. Quel est mon chemin ? Comment faire pour le dessiner au sol ?